L'OURS
TCHEKHOV

Nous avons le plaisir de vous proposer notre création la plus délirante.
Un classique évoluant dans une atmosphère décalée, agrémenté de bandes-sons tziganes et de bruitages, proche de la bande-dessinée... Rythmée par le jeu drôle et émouvant des trois comédiens qui vous surprendra...
Ce spectacle est proposé pour un large public...



durée spectacle : 1h



mise en scène
Gilles Droulez
chargé de diffusion Loïc Bonnet
chargées de communication Bénédicte Bouchez, Caroline Hattiger
acteurs Estelle Brattesani, Gilles Droulez
et Robert Magurno
lumière Pascal Fellmann

Madame Popova est veuve depuis 9 mois et reste isolée du monde, fidèle à son mari. Son valet, Louka, assiste impuissant à l'isolement volontaire de sa maîtresse. Un jour, Grigori Stepanovitch Smirnov se présente pour recouvrer une dette du mari de Madame Popova. Cette irruption va bouleverser la vie de chacun.
Cette courte pièce illustre de façon éclatante le regard à la fois humoristique et absurde de Tchekhov qui profite d'un fait divers pour faire ressortir chez ses personnages, leur vraie nature et leurs plus profonds tourments.

"Une jeune veuve inconsolable et un tonitruant officier d'artillerie venu réclamer les dettes du défunt dont Gilles Droulez et sa compagnie les affamés s'empare avec gourmandise" Lyon-Poche
"Un Tchekhov bien léché, du miel pour la compagnie les Affamés qui dompte à sa façon "l'Ours".. Le Progrès
"Les trois comédiens rayonnent dans ce jeu à la fois enjoué et pathétique qui emporte le public dans cette atmosphère décalé..." Le Dauphiné libéré

Anton P. Tchekhov (1860 - 1904)
Fils d'un marchand de Crimée, Anton Tchekhov commence par étudier la médecine, de 1879 à 1884, mais il se fait rapidement connaître en publiant des contes dans diverses revues. A partir de 1886 il collabore régulièrement avec un grand quotidien de Saint-Pétersbourg , et publie la même année en volumes ses Récits divers .
Fort des encouragements du directeur du plus grand quotidien russe d'alors, Le temps nouveau, il se consacre alors définitivement à la llittérature. Ses deux premières pièces,
Platonov et Sur la grand-route sont refusées, mais en 1887 Ivanov lui offre un relatif succès. Au tournant du siècle sa vie est modifiée par sonattirance nouvelle pour la gauche politique, et par le succès de La Mouette au théâtre de Stanislavski.   Sa popularité s'accroît du succès immédiat d ' Oncle Vania (1897), des Trois Soeurs (1900) et de La Cerisaie (1904). Tchekhov apparaît alors comme le plus grand interprète des états d'âme de son époque et de son milieu.
Kropotkin , un des théoriciens de l'anarchie, a dit de lui : « personne n'a mieux réussi que Tchekhov dans la représentation de la faillite de la nature humaine dans la civilisation actuelle, et plus particulièrement de l'homme instruit, lorsqu'il est placé face à face avec la petitesse sordide de la vie de tous les jours.
A propos de Tchekhov :
C'est que Tchekhov a réussi à créer des oeuvres qui saisissent le type de regard sur la vie qui domine la sensibilité contemporaine ; ce regard relève d'un équilibre entre ce qui est, d'une part, subjectivement douloureux et, d'autre part, objectivement dérisoire, voire drôle. Ce regard double, qui nous donne à la fois la grandeur des drames et leur côté ridicule, donne à l'oeuvre de Tchekhov sa saveur et sa richesse.
Chez Tchekhov, les situations sont simples, banales, proches de ce que chacun des lecteurs ou des spectateurs peut vivre ou connaître. Par des dialogues souvent indirects, il donne un aperçu sur la vie intérieure des personnages, et c'est cette vie intérieure, plutôt que des actions extérieures, qui fait l'intérêt des oeuvres.
Tchekhov a surtout marqué l'histoire du théâtre et de la littérature par quatre pièces en quatre actes qu'il a écrites à la fin de sa vie : la Mouette (1896), Oncle Vania (1899), les Trois Soeurs (1901) et la Cerisaie (1904). Les courtes pièces présentées dans cette Soirée Tchekhov (Théâtre français de Toronto, salle Fred-Barry, 1998-1999) ont été écrites auparavant, soit entre 1886 et 1890. Tchekhov, à ce moment-là, est déjà célèbre en Russie pour ses courts récits, dont un premier recueil a paru en 1884. Le théâtre l'intéresse déjà. Vers l'âge de vingt ans, il a écrit une très longue pièce sans titre (mais qu'on appelle habituellement Platonov) qu'on ne retrouvera qu'après sa mort. En 1885, il propose une version scénique de son récit Sur la grand route, que la censure impériale rejette, choquée par le portrait sombre de la vie sordide de vagabonds que propose la pièce. En 1887, il fait jouer une première pièce dramatique, Ivanov, qui ne remporte aucun succès : ni le public ni les acteurs n'arrivent à se décider si c'est un drame ou une comédie, et de plus, la production a été sous-répétée.
L'année suivante, en 1888, Tchekhov commence à travailler à l'Esprit des lois, qui plus tard deviendra Oncle Vania. Mais sa carrière d'écrivain devient cette année-là très particulière. Tchekhov était connu pour ses courts récits teintés d'humour. Or, voilà qu'il publie la Steppe, une longue nouvelle qui révèle au public comme à la critique la profondeur et l'envergure de l'auteur. Et en même temps, il fait créer deux comédies en un acte le Chant du cygne et l'Ours, qui l'établissent avec succès comme auteur de boulevard.
Or, ces courtes comédies, sous leur apparence traditionnelles, sont novatrices, et elles servent de laboratoire à Tchekhov, qui y développe des techniques dramaturgiques qu'il utilisera plus tard dans ses pièces en quatre actes. C'est dans ces petites comédies, pourtant franchement drôles, que Tchekhov commence à effacer la ligne entre drame et comédie, et qu'il raffine ce mélange entre le risible et le pathétique qui caractérise son oeuvre.
La pièce

L'OURS.. .

L'Ours se passe à la campagne, dans la propriété d'une jeune veuve, Madame Popova . Depuis la mort de son mari, sept mois plus tôt, elle refuse de sortir et se considère aussi morte que feu son bien-aimé mari. Or surgit un dénommé Smirnov, ancien officier d'artillerie, propriétaire foncier lui aussi, qui s'introduit chez elle malgré son refus de recevoir qui que ce soit. C'est que l'époux de Madame Popova devait douze cents roubles à Smirnov et que ce dernier en a besoin tout de suite pour payer des intérêts. Entre la délicate veuve et le très énergique Smirnov , c'est l'incompréhension totale, jusqu'à ce que la virilité débordante de l'ancien officier réveille chez la veuve des désirs qu'elle croyait enfouis à jamais.

Pourquoi l'Ours ?... Intentions

Qu'est ce qui peut encore changer l'homme au delà des problèmes de socièté, de politique, d'argent ? L'amour ? L'amour seul peut-il transcender l'Homme et transformer notre regard sur ce qui nous entoure ? Dans une arène de rouge et noir, on assiste à un combat sous forme plutôt loufoque proche de la BD entre un ours sanguin et une jeune colombe noire emprisonnée dans son deuil, arbitré par un valet fantomatique. L'engagement « loufoque » de l'acteur sur scène nécessite une précision dans le jeu. La mise en scène décalée, parfois parodique mais toujours sincère, nous fait néanmoins percevoir la mise en abîme de ces trois personnages...

A propos de l'Ours :

L'Ours, Une demande en mariage, les Méfaits du tabac et Tragédien malgré lui sont des comédies en un acte qui ont été écrites entre 1886 et 1890, au moment où, paradoxalement, Tchekhov, dans ses récits et nouvelles, s'affirme comme écrivain sérieux.
Ces quatre courtes pièces illustrent de façon éclatante le regard à la fois humoristique et absurde de
Tchekhov qui profite d'un fait diverspour faire ressortir chez ses personnages, leur vraie nature, leurs plus profonds tourments. On est à la fois surpris et enchantés par la richesse de sa plume qui, en quelques répliques, transforme une situation dramatique en véritable comédie. Le spectateur s'amuse devant ces situations rocambolesques, qui prennent un tournant imprévisible, qui donnent un éclairage si particulier aux faits divers.
Elles ont un décor commun : la
Russie rurale, alors que ce pays est en train de subir d'importantes transformations. Le pays est en état de choc depuis l'abolition du servage en 1861. Ceux qui possèdent des domaines ruraux connaissent de graves problèmes administratifs, dont on perçoit l'écho dans l'Ours. Le pays est dans une phase de modernisation intense. Aussi légères qu'elles soient, ces comédies de Tchekhov témoignent de cette Russie changeante.
Ce qui étonne encore aujourd'hui dans des texes comme
l'Ours ou la Demande en mariage , c'est à quel point ce sont des textes ouverts à un large éventail d'interprétations : on peut aussi bien les monter comme des farces qu'on peut les interpréter comme petites comédies dramatiques .
Ces courtes comédies, sous leur apparence traditionnelle, sont novatrices.Elles servent de laboratoire à
Tchekhov , qui y développe des techniques dramaturgiques qu'il utilisera plus tard dans ses pièces en quatre actes. C'est dans ces petites comédies, pourtant franchement drôles, que Tchekhov commence à effacer la ligne entre drame et comédie, et qu'il raffine ce mélange entre le risible et le pathétique qui caractérise son oeuvre.