LA RÉVOLTE
de
Auguste VILLIERS DE L’ISLE ADAM


dans une mise en scène et jeux de Gilles Droulez et Iris Munos,
régie Vincent Leynaud, vidéo Gilles Droulez, lumière Pascal Fellmann,
 
remerciements aux Célestins
FESTIVAL AVIGNON OFF 2009 
Théâtre la Poulie - 18h40

Elisabeth est la perle des épouses, douce, fidèle, économe, auxiliaire dévouée, judicieuse conseillère, elle donne entière satisfaction. Félix, heureux homme décidément – jusqu’à ce soir, minuit.


Son rôle d’épouse, elle l’a parfaitement tenu ; mais ce n’était qu’un rôle. Sa douceur masque l’indifférence et le dégoût. Si elle s’est pliée aux banalités de la vie bourgeoise et si, gestionnaire habile, triplant la fortune de son mari, elle s’est salie dans « ces opérations boursières qui enrichissent », c’était afin de conquérir sa liberté.
Ce soir, minuit, elle prend son envol. Révoltée par tout ce que représente son mari et par l'échec de sa propre vie. Elle abandonne tout, domicile, mari, enfant. Une voiture l’attend à la porte.
Elle ne part que pour partir, sans amant. Pour vivre, peut-être, ou « pour mourir, au moins, en silence, avec un peu de ciel dans les yeux ».

Sans doute est-il déjà bien tard pour tenter l’évasion. Mais il n’est pas trop tard, peut-être, pour faire entendre son cri. Celui d’une femme humiliée, asservie. La valeur de la pensée, du rêve devient alors plus puissante que les modernes machines.
L'épouse part donc pour vivre, respirer, mais revient quelques heures plus tard, résignée.

A huis clos, ils s’affrontent désespérément. S’ils tentent de se comprendre, de se répondre, ils ne font que creuser l’abîme qui les sépare. Ils échangent des répliques sans communiquer.

Dans la lignée d’Ibsen, Villiers dénonce les médiocrités du couple bourgeois et l’infantilisation de la femme. La « parfaite épouse », révoltée, devient une « mauvaise mère » : abandonnant son enfant.
Elisabeth est et veut rester inadaptée à la férocité d’un temps où l’argent triomphe, « où il est permis de demeurer distrait devant la misère des déshérités », où l’on joue avec la ruine des autres.
C’est une situation bloquée, sans évolution possible. Il s’agit bien en effet d’un face à face d’incompréhension totale, puisque Félix et Élisabeth, situés sur des plans de réalité différents, ne peuvent entrer dans le conflit et donc dans l’action. Dès le début, on pourrait qualifier ce seul Acte comme un drame de l’homme privé de liberté.


La Révolte de Villiers de l’isle Adam :
‘‘… Iris Munos incarne avec finesse cette épouse qui d’un tempérament docile se transforme en
une indomptable rêveuse à la limite de la folie…. ‘‘ RueduThéâtre, Anne Clausse, le 18/07/2009
‘‘ Iris Munos est brillante dans le rôle de l’épouse docile qui se meut en véritable révolutionnaire
de l’idéal.’‘ La Provence, Charlène Salomé le 23/07
‘‘Iris Munos est magnifique dans ce personnage volontaire. Les expressions de son visage tout
en nuances en disent autant que son discours.’’ La Marseillaise, Pierre Galaud le 29/07


Intentions

Ma maman m’a dit en voyant une de mes pièces : «Pourquoi ne fais-tu pas une pièce drôle? les gens ont besoin de rire en ce moment». Alors voilà, bien qu’elle n’ait rien à voir avec le monde du spectacle (et non je ne suis pas un fils de...), à plus de quarante ans, j’ai décidé d’écouter enfin ma maman : je monte du Feydeau!
Mais ce qu’elle ne sait pas ma maman, c’est que la mécanique du rire, dans un boulevard, demande rigueur, précision, un vrai travail d’horloger! C’est donc un exercice de style auquel va s’essayer la compagnie en apportant sa touche personnelle et décalée.
Dans ces temps de crise, le cocufiage, c’est à dire l’être humain dans la loupe de l’intime, contrairement à sa vie sociétale (ou depuis longtemps l’homme est cocufié par l’Etat ce grand proxénète!), va être le miroir de nos travers amoureux, de nos mensonges, nos faux semblants pour apprendre à mieux vivre à deux, avec nos désirs, bref un miroir de notre... société. Derrière le rire se cache peut être l’apprentissage de l’amour!

Avec ma maman, je suis tombé dedans tout petit (l’amour du théâtre) en regardant le fameux « Au théâtre ce soir ». Cette potion nous était alors servie de façon magistrale par Jean Le Poulain, Georges Descrières, Robert Hirsch, Jacques Charon, Jean Piat, Micheline Boudet, Jacqueline Maillant... Alors Feydeau, c’est la potion magique contre le cafard, non? C’est donc bien modestement que nous reprenons le flambeau, mais avec un plaisir immense que nous espérons vous faire partager.